«L’écologie en bas de chez moi»…

Photo epSos.de | CC BY 2.0
«L’écologie en bas de chez moi», le dernier ouvrage (récit) de Iegor Gran publié en 2011 aux éditions P.O.L.
A lire, même – ou surtout ! – si l’on travaille dans un institut (l’IGUL) spécialisé entre autres dans le développement urbain durable. Il s’agit certainement d’un bon point de départ pour commencer ou poursuivre une réflexion critique déjà amorcée par Paola Rattu, doctorante à l’IGUL, sur Récits tout court.
Le livre est disponible à la BCUR – [notice] et en cours d’acquisition au CeDoc IGUL.
Présentation du livre sur le site de l’éditeur

Il semble qu’aujourd’hui le développement durable soit la seule idéologie qu’il nous reste. De facture relativement récente, on la retrouve cependant partout, tout le temps. Elle accommode l’école, bien sûr, mais aussi le travail, le supermarché, la politique… Le Pape même s’y est mis. Sujet incontournable, consensuel ou presque…
Iégor Gran a voulu comprendre. Était-il le seul à sentir le grotesque des discours moralisateurs, l’insupportable opportunisme marchand des uns et des autres, le culte du déchet, et cette curieuse manière d’idolâtrer la science – quand elle prédit l’avenir – tout en la rejetant quand elle est moteur de progrès ?… Comment font les français, ce peuple frondeur (au moins en paroles, sinon dans les actes), pour accepter ce culte du geste symbolique, cette immodération vers le bien pratiquée à dose homéopathique et imposée à tout le monde ?
Le plus terrible dans ce déferlement de bonne conscience, c’est que l’on nous invite à ne plus penser. À mettre un sérieux bémol à la culture et à la civilisation au nom d’un danger imminent.
Et comme le développement durable est une idéologie transversale, il permet d’aborder les sujets aussi variés (et passionnés) que les limites de la science, l’opportunisme politique, l’économie de marché, les rapports Nord-Sud, l’avenir de la civilisation, le rapport aux croyances, le rôle de la culture, etc. Iégor Gran ne s’en est évidemment pas privé, concevant son livre comme un arbre de Noël : sur le tronc central de la discussion de fond, il a accroché des notes de bas de page où il explore certains abysses de la bêtise humaine tout en faisant avancer le récit. Car il s’agit d’un récit tout autant qu’un essai, d’une autofiction tout autant qu’un roman.

Également sur le site de l’éditeur P.O.L.
  • les critiques parues dans la presse (Le Nouvel Observateur, Telerama, Le Canard enchaîné, Le Soir, Le Monde et La Croix)
  • l’auteur au sujet de son livre (vidéo & son)
Dans Le Courrier du 05.05.2011 par Nicolas Tavaglione (p.2)

Cliquez pour agrandir l’image (Le Courrier publie sous licence CC)

Et enfin – pour vous mettre l’eau à la bouche – un petit extrait du livre :

Note de bas de page (p.73) à propos des ampoules fluocompactes

Que Dieu vous préserve d’en casser une! ll faut savoir que ces ampoules-là contiennent du mercure (que l’on a interdit depuis une dizaine d’années dans les thermomètres- cherchez l’erreur). Le très vigilant INSPQ [Institut national de santé publique du Québec] donne la procédure d’urgence : « 1. Quitter et aérer la pièce pendant 15 minutes. La première chose à faire est d’ouvrir une fenêtre et de quitter la pièce assez longtemps pour que la concentration de mercure dans l’air diminue. 2. Ramasser les débris, sans aspirateur ni balai. Un aspirateur ou un balai risquerait de répandre le mercure dans l’air. Pour nettoyer, il faut ramasser les gros morceaux à la main – idéalement avec des gants – et les placer dans un contenant hermétique. Ensuite, avec du ruban gommé, on récupère les petits morceaux et la poudte. On nettoie avec un essuie-tout humide et l’on jette tout ce qui a servi au nettoyage dans le contenant de débris. 3. Par la suite, on peut passer l’aspirateur quelques fois, fenêtres ouvertes. 4. Placer le contenant de débris à l’extérieur. 5. Aérer la pièce plusieurs heures après le nettoyage.» À côté d’une ampoule fiuocompacte qui se brise, l’accident de Three Mile Island est une promenade.